Genève - L'Autorité palestinienne (AP) doit immédiatement libérer les six prisonniers palestiniens détenus dans sa prison de Beitunia au sud de Ramallah, déclare l’Observatoire euro-méditerranéen des droits de l'Homme. La jeunesse a lancé une grève de la faim le 28 Août après cinq mois de détention sans aucune inculpation ni jugement.

   Le tribunal en Cisjordanie a prolongé leur détention trois fois depuis mai sous prétexte d'achever une enquête   

Sandra Owen, porte-parole de l'Euro-Med basé à Genève

 

Les services de renseignement de l'Autorité palestinienne détiennent Haitham Siyaj, 19 ans; Mohammed Harb, 23 ans; Basil Al-Araj, 23 ans; Saif Al-Iddressi, 26 ans; Mohammed Al-Salameen, 19 ans et Ali Dar-Alsheikh, 21 ans, depuis Avril. Ils résident dans différentes villes de Cisjordanie et ne se connaissaient pas avant leur détention; la seule caractéristique qu'ils ont en commun est leur opposition à l'Autorité palestinienne au pouvoir.

Le porte-parole officiel de l'AP a prétendu que l'autorité détenait les jeunes hommes pour les «protéger» d’une arrestation israélienne, et a ajouté que les forces de sécurité sont « soumises à une surveillance sévère et des sanctions sont imposées à ceux qui violent les lois. » Cependant, les jeunes hommes ont été traités durement. Les familles des jeunes rapportent que les garçons ont été déplacés d'un centre de détention à un autre et ont été torturés. L'isolement cellulaire a été utilisé pour induire des aveux forcés. Depuis le lancement de leur grève de la faim, les jeunes ont été maintenus dans des conditions de vie inhumaines qui ne sont pas adaptées pour les humains, comprenant le confinement dans des pièces trop petites pour dormir confortablement; privés même de couverture, excepté entre minuit et 8 heures du matin, et interdits de tout contact avec leur famille.

Plusieurs des jeunes souffrent de problèmes cardiaques et d'autres problèmes de santé; bien que les services de renseignement de l’AP soient au courant de leurs situations, les jeunes hommes n’ont reçu aucun soin spécialisés.

«  Le tribunal en Cisjordanie a prolongé leur détention trois fois depuis mai sous prétexte d'achever une enquête», explique Sandra Owen, porte-parole de l'Euro-Med basé à Genève. « L'arrestation de Palestiniens sans inculpation et sans présenter de mandat est une violation flagrante des conventions internationales; cela contredit également les obligations de l'Autorité palestinienne en vertu de la législation locale et des droits de l'Homme. »

La loi fondamentale palestinienne stipule dans l’article 11 qu'il est «inadmissible d'arrêter, de poursuivre, d’emprisonner ou de restreindre la liberté de circulation de toute personne, sauf sur ordonnance judiciaire, prise conformément aux dispositions de la loi. » 

« Les autorités palestiniennes doivent libérer les jeunes détenus et adhérer à la garantie d'un procès équitable et un traitement humain», déclare Owen.