Genève – En Libye, Ganfouda, un quartier de Benghazi, est au bord d'une crise humanitaire, prévient l'Observatoire Euro-Méditerranéen pour les droits de l'Homme. La ville est assiégée par les forces de l'armée nationale libyenne du général retraité Khalifa Haftar depuis juillet 2014 et sous attaque aérienne et terrestre continue depuis plus d'un an et demi, empêchant l'accès des civils à la nourriture et à l'aide médicale ainsi que l'évacuation de plus de 170 familles.

 

   Il n'y a aucune raison d’autoriser les forces de l'armée nationale libyenne à traiter les enfants et les femmes comme des militants, les empêchant de partir   

 

Les ambulanciers ne peuvent pas entrer dans la ville en raison des bombardements intenses, et les coupures de courant de plusieurs mois ont entraîné une grave pénurie d'eau potable, de nourriture et de médicaments.

"Il n'y a aucune raison d’autoriser les forces de l'armée nationale libyenne à traiter les enfants et les femmes comme des militants, les empêchant de partir", explique Yahya Ashraf, chercheur d’Euro-Med pour les affaires nord-africaines. "Les enfants en particulier sont protégés par le droit international, et pourtant ils sont utilisés comme appât pour influencer leurs familles."

Le peuple de Ganfouda, qui est sous le contrôle du Conseil de la Shura des Révolutionnaires de Benghazi, connaît également une insécurité alimentaire extrême, depuis que l'aide a été coupée en raison du siège aérien et terrestreresserré sur la plupart des points d'entrée de la ville. De plus, l'intensité des combats a causé l'épuisement des stocks des entrepôts de denrées sèches et a empêché le Croissant-Rouge libyen de fournir tout secours humanitaire depuis juillet 2014. Pendant ce temps, les enfants ont été privés du droit à l'éducation en raison du ciblage des écoles de la ville.

Les familles de la ville vivent dans la peur constante en raison des frappes aériennes continues. S’échapper par la route côtière est impossible, depuis que les forces de l'armée nationale libyenne ont élargi la portée du siège. Les habitants sont menacés de détention et d'enquête prolongée s'ils tentent de franchir les points de contrôle de l'armée nationale libyenne. Ces circonstances ont presque totalement limité la liberté de mouvement.

Le gouvernement libyen d'accord national a annoncé plus tôt qu'il est incapable de mettre fin au blocus, affirmant que la ville n'est pas sous son contrôle.

"Toutes les parties doivent se conformer aux lois du droit international qui protègent le droit des femmes et des enfants au logement, à la nourriture, à l'assistance médicale et à d'autres droits fondamentaux pendant les situations d'urgence et les conflits armés", affirme Ashraf, citant la Déclaration universelle des droits de l'Homme, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Déclaration des droits de l'enfant. "La présence de militants dans la ville ne justifie pas le siège de l'armée nationale libyenne sur les civils."

L’Observatoire Euro-Med appelle toutes les parties au conflit à permettre aux civils de Ganfouda de quitter la ville en toute sécurité et de recevoir une aide humanitaire. Il demande également à l'Armée nationale libyenne de lever le blocus conformément au Statut de Rome de la Cour pénale internationale et d'arrêter immédiatement de cibler les civils.