Genève - L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme félicite la décision du Parlement jordanien d'abroger l'article 308 du code pénal, qui a autorisé pour des années le mariage du violeur à sa victime en toute impunité.

   L'abolition de l'article est un pas en avant en matière des droits des femmes en Jordanie   

Aroub Soubh, la conseillère d'Euro-Med pour les affaires féminines

Aroub Soubh, la conseillère d'Euro-Med pour les affaires féminines, a déclaré que l'abolition de l'article est un pas en avant en matière des droits des femmes en Jordanie, notant qu'au cours des deux derniers jours, le vote de la Chambre a effectué plusieurs amendements au profit des femmes jordaniennes ainsi que dans la criminalisation du harcèlement sexuel. Soubh a loué les grands efforts communautaires visant à abroger l'article 308, exemple de l'électronique-pétition signée par des centaines de Jordaniens exigeant l'abolition. Soubh a également confirmé que l'abolition dudit article n'est pas la fin des réformes nécessaires concernant les droits des femmes en Jordanie, soulignant la nécessité de prêter attention aux autres lois dont certains sont également liés à la protection des droits des victimes de viol.

L'Observatoire Euro-Med en Jordanie avait appelé à abolir l'article 308 du Code Pénal, comme le Maroc, permettant au violeur d'échapper à la sanction au cas où il épouse sa victime, considérant que l'existence dudit article viole le droit de la victime à la justice, l'Observatoire avait mis en garde, dans un document de position, contre l'invariabilité du système législatif au terme de prouver la proportion des enfants résultant des crimes de viol, appelant à modifier le système et à permettre la reconnaissance des proportions de l'enfant par l'analyse de l'ADN ou dans le cas où la proportion des enfants est reconnue par le père, notant que la loi relative au statut personnel jordanien n'accepte pas la reconnaissance d'un enfant né suite à des rapports sexuels consensuel ou non consensuel hors mariage; alors que la proportion de ces enfants ne peut être évidente que sur la base d'un mariage complet.

L'Observatoire a révélé qu'il est nécessaire de sensibiliser le public aux souffrances de la victime dans de tels cas et la nécessité de la considérer comme victime et non pas comme une coupable, et d'après la loi ceux qui commettent de tels actes sont des criminels. Euro-Med a aussi noté l'importance et la nécessité de fournir le soutien psychologique, l'extension sociale de la victime par l'État et les institutions de la société civile afin de leur permettre de surmonter leurs crises, ainsi que de trouver des centres adopter officiellement par l'État pour les victimes de ces crimes.