Genève– L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme a déclaré que les forces irakiennes retiennent de force des centaines de familles de membres de l'État islamique Daesh dans des camps en Irak. Sans avoir commis de crime, ces familles sont injustement contraintes de vivre dans des camps dans des conditions inhumaines- ce qui est une forme de punition collective, a prévenu Euro-Med. 

   La récente opération menée par les forces irakiennes contre l'EI à Mossoul a été accompagnée par des violations contre des personnes innocentes   

 

Une fois que les zones contrôlées par l'État islamique ont été restaurées par le gouvernement irakien et les forces de mobilisation populaire, ces familles ont été déplacées de force de plus de 20 villes, menacées de mort, puis détenues dans des camps dans des conditions difficiles, a signalé l'équipe Euro-Med.

Le camp de Tikrit comprend actuellement plus de 100 familles, composé de 400 civils, dont la plupart sont des femmes et des enfants. Selon le gouvernement irakien, le camp a été établi pour "la réhabilitation des familles et des enfants des membres de l'État islamique". Cependant, ce but ne reflète pas la réalité, ces personnes vivent dans de mauvaises conditions dans des centres de détention forcés. Les familles se plaignent de la pénurie d'eau, de médicaments, de nourriture, des soins de santé, en plus des coupures de courant continues, du manque d'éducation et de la propagation de nombreuses maladies, y compris la typhoïde, la gale et d'autres.

Un groupe composé des forces de mobilisation populaire et des soldats irakiens ont détruit les maisons de ces familles et les ont transférés de force dans ce camp ainsi que dans d'autres camps. Leur seul crime était d'être des parents de membres de l'État islamique. Des centaines de familles ont été déplacées après avoir reçu des lettres de menaces distribuées dans les zones où elles vivaient, leur ordonnant de partir sinon elles seraient tuées dans les 72 heures. Ces déplacements ont parfois reflété des tendances sectaires à provoquer des changements démographiques dans certaines régions sunnites, en particulier dans la ville de Jurf Al Sakhr et le gouvernorat de Diyala.

Amiriyah District dans la ville d'Anbar contient la plupart de ces camps, où les familles sont empêchées de partir vers d'autres régions, en disant que cette prévention a été faite par crainte de leur vie à cause des menaces de vengeance d'autres clans. En réalité, ils sont détenus dans des camps qui n'ont pas de besoins humanitaires minimums et ils sont traités comme des criminels, y compris les enfants, en violation flagrante du droit international humanitaire.

La récente opération menée par les forces irakiennes contre l'EI à Mossoul a été accompagnée par des violations contre des personnes innocentes. Par exemple, des familles ont été détenues, privées de liberté de mouvement, privées de communication avec leurs proches, que ce soit par téléphone ou par des visites familiales, et n'ont pas été jugées par les tribunaux irakiens.

Selon l'équipe Euro-Med, le camp d'al-Salameh dans la ville de Mossoul a accueilli 1800 familles, la plupart d'entre elles avaient  des proches dans l'Etat islamique. Le camp contient à peine de l'eau, de l'électricité ou d'autres services de base. En septembre, les forces irakiennes ont évacué environ 358 familles du camp "Hamm Al-A'leel" vers un camp privé dans la zone "Teklif".

"Dans de telles conditions inhumaines, ces familles ne peuvent pas être réhabilitées, ils sont encore plus susceptibles de chercher à se venger". a souligné Ihsan Adel, le conseiller juridique d'Euro-Med, et il a ajouté: "Ces pratiques du gouvernement irakien sont une violation flagrante de la loi nationale irakienne ainsi que du droit international. Seuls les membres de l'État islamique devraient être punis, et non pas leurs familles."

L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme appelle les autorités irakiennes à protéger les familles des membres de l'État islamique et à permettre la communication entre les personnes détenues et leurs familles sans restreindre davantage leur droit à la liberté de mouvement. En outre, des mesures efficaces et véritables devraient être prises pour réhabiliter les individus influencés par l'idéologie de l'État islamique.