Genève-  L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme a condamné les frappes aériennes des forces gouvernementales syriennes contre la Ghouta orientale, avec plus de 270 roquettes, qui ont ciblé des villes et des zones résidentielles, causant des dizaines de victimes civiles.  

   Les forces du président syrien Assad ont utilisé des barils explosifs et des missiles sol-sol pour cibler les quartiers de Misraba   

Les forces du président syrien Assad ont utilisé des barils explosifs et des missiles sol-sol pour cibler les quartiers de Misraba, Ein Tirma, Nashabia, Jisreen, Doma et Hamouriya. Cela a causé la mort de plus de 100 civils, dont 20 enfants, et la blessure de plus de 450 autres.

D'après Euro-Med, les hôpitaux de la Ghouta orientale étaient surpeuplés de blessés, en particulier les hôpitaux de Dumah et de Hamouriya, ce qui a entraîné le transfert de nombreux cas vers d'autres centres médicaux. De plus, les équipes d'ambulanciers et les médecins ont éprouvé des difficultés à accomplir leurs tâches en raison du nombre élevé de victimes et du manque de ressources nécessaires à cause du siège imposé dans la région.

Depuis novembre dernier, plus de 860 personnes, dont 196 enfants et 126 femmes, ont été tuées et plus de 2 650 autres ont été blessées, y compris des dizaines d'enfants et de femmes, dont certains ont été handicapés à vie et d'autres gravement blessés. En outre, il y a un manque sérieux de cadres et d'équipement médical adéquat.

La Ghouta orientale, qui abrite environ 400 000 personnes, souffre depuis plus de cinq ans d'un siège suffocant imposé par les forces du régime syrien. Le blocus a provoqué une grave pénurie de nourriture et de médicaments, et plus récemment, une femme atteinte d'un cancer et un enfant ont trouvé la mort ces derniers jours en raison du manque de médicaments et de soins de santé.

La Ghouta orientale est l'une des zones incluses dans l'accord sur la zone de désescalade entre la Turquie, la Russie et l'Iran à Astana. Selon l'accord, le gouvernement syrien devrait autoriser l'aide humanitaire «sans entraves» dans les zones contrôlées par l'opposition et les services publics, en plus de permettre le retour des réfugiés et des personnes déplacées dans leurs foyers. Cependant, rien de tout cela n'est arrivé jusqu'à présent.

Euro-Med souligne que de nombreuses villes syriennes ont été le théâtre d'attaques aériennes et d'artilleries intensives ces derniers jours, soit par la coalition dirigée par les États-Unis, soit par le régime syrien et ses alliés, soulignant que la situation humanitaire préfigure un désastre tragique.

Plusieurs raids lancés par la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis sur l'Etat islamique dans la ville de Hajin, dans le gouvernorat de Deir ez-Zor, ont abouti à la mort de 16 civils, dont 10 membres d'une même famille.

Dans la province de Homs, quatre combattants de l'opposition ont également été tués par les forces gouvernementales pro-syriennes, où l'opposition a répliqué en bombardant les forces du régime dans les villages de Jabourin et "Qaniya al-Assi" avec des mortiers.

"Les actions du régime syrien ne sont qu'une continuation de la politique de punition collective pratiquée ces dernières années: les raids aériens quotidiens et les bombardements d'artillerie sur la Ghouta orientale, le blocage de l'aide humanitaire et les besoins fondamentaux constituent une violation flagrante du droit international humanitaire. Cela équivaut à ce que l'on peut considérer comme des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité ", a déclaré Ihsan Adel, le conseiller juridique d'Euro-Med.

"La communauté internationale ne doit pas rester silencieuse sur les massacres perpétrés contre des civils non armés dans la Ghouta orientale, de plus en plus de choses devraient être faites pour arrêter cela et traduire les coupables en justice" a ajouté Adel.

Euro-Med appelle les autorités syriennes à cesser leurs opérations militaires et à mettre fin au siège imposé à la Ghouta orientale, à évacuer les personnes ayant des besoins médicaux urgents et à permettre un accès immédiat et urgent aux secours et aux secours médicaux aux civils.