Genève- Après leur retour dans les zones contrôlées par le régime en Syrie, des centaines de réfugiés syriens ont été arrêtés, torturés et  tués par les forces du régime syrien, a déclaré l'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme.

Euro-Med a prévenu que le refus des demandes d'asile ou le ralentissement du processus de réunification des réfugiés dans les pays d'accueil est devenu une politique systématique qui expose les réfugiés à des violations flagrantes.

Euro-Med a aussi rapporté, dans un communiqué de presse, que le nombre de réfugiés rentrant en Syrie a augmenté récemment, notamment en Europe,  avertissant que cela est dû dans la plupart des cas au rejet des demandes d'asile présentées par les pays d'accueil, ce qui signifie leur retour forcé dans leur pays, ou le retard des procédures de réunification pour les familles et les enfants, ce qui peut prendre près d'un an et demi,  ainsi que d'autres problèmes liés à la réception de soins de santé, ce qui peut prendre environ un mois dans certains cas en raison de la difficulté de remplir des papiers ou des procédures requises, ou l'incapacité des réfugiés à s'intégrer dans les communautés d'accueil.

Euro-Med a souligné qu'un certain nombre de ces réfugiés ont été tués à leur retour en Syrie, notant qu'au cours des dernières années, quatre personnes ont été tuées dans les prisons militaires du régime syrien à la suite des tortures et des mauvais traitements, après avoir été arrêtés à leur retour en Syrie, deux d'entre eux viennent de Hama et les autres viennent de Damas.

L'Observateur a ajouté qu'une des personnes arrivées à Damas revenait d'Allemagne, où il a été arrêté immédiatement, son corps a été retrouvé dans la rue huit mois après son arrestation.

Les autorités syriennes ont arrêté à l'aéroport de Damas un homme âgé qui revenait de la Suède en la Syrie, et ont confisqué son passeport pour l'empêcher de voyager, en plus de la détention d'un jeune homme revenant d'Allemagne à Damas, où il a été détenu au bureau d'immigration de l'aéroport de Damas, puis  incarcéré dans une prison pendant plus d'un mois, au cours duquel  il a été soumis à toutes sortes de tortures et de traitements cruels. 

Euro-Med a souligné que le retour des réfugiés dans leur pays d'origine ne se  limitait pas seulement sur l'Allemagne, mais inclus plusieurs pays tels que la Finlande, le Danemark, la Grèce, la Suède, la Jordanie et d'autres, où la Grèce qui a enregistré le retour de 14 000 migrants dans leurs pays d'origine, tandis que l'Organisation internationale pour les migrations au Danemark a annoncé qu'un certain nombre de réfugiés ont pris la décision de rentrer chez eux pour des raisons liées au regroupement familial et à la nature de la vie dans ces pays.

L'année 2017 a marqué le retour de nombreux réfugiés syriens vivant en Jordanie, des rapports ont souligné que les autorités jordaniennes avaient expulsé des familles, où plus de 400 réfugiés syriens par mois retournaient de la Jordanie vers la Syrie, pendant le premier semestre de 2017, sans connaître les raisons de la déportation.

L'Observatoire a noté que bien que la Jordanie reçoive plus d'un million de réfugiés syriens depuis des années, ces déportations ont été surprenantes, d'autant plus que cette mesure peut constituer une violation de la Charte arabe des droits de l'homme, dont la Jordanie est partie, où la Charte interdit l'expulsion collective et la considère comme une violation des dispositions de la Charte.

L'Observatoire a confirmé que la déportation forcée des réfugiés syriens par leurs pays hôtes viole le «principe du non-refoulement en droit international», qui interdit aux gouvernements hôtes de renvoyer des personnes dans des endroits où leur vie est en danger, ajoutant  que le droit international, en particulier la Convention européenne des droits de l'homme, interdisait l'expulsion des personnes, y compris des criminels  reconnus coupables, vers un pays où elles risquaient d'être torturées ou assassinées.

Euro-Med a appelé les autorités syriennes à mettre fin à ces violations et à permettre aux Syriens de rentrer et de rester en Syrie. Il a également appelé la communauté internationale à faire pression sur les autorités syriennes pour permettre à ces réfugiés de retourner en toute sécurité, sans être soumis à aucune torture ou traitement cruel et dégradant. L'Observatoire a appelé les pays accueillant des réfugiés et des demandeurs d'asile à prendre en compte le fait que la Syrie est toujours un endroit dangereux pour les réfugiés. Par conséquent, ces pays sont invités à faciliter les demandes d'asile et à accélérer le processus de réunification avec leurs familles.