Libye- Une conférence de presse conjointe a été organisée aujourd'hui par le Centre international de droit humanitaire et l'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme en Libye pour annoncer le lancement d'un nouveau projet. Le projet s'engagera à documenter les cas de torture et à créer une base statistique pour les victimes de la torture de toutes les parties au conflit dans le pays depuis février 2011 jusqu'à la mi-2018 (et couvrira également la période à venir).

Ce projet vise également à promouvoir les droits de l'homme en Afrique du Nord - en particulier dans le territoire libyen qui a été paralysé par un conflit armé et des violations flagrantes des droits de l'homme depuis sept ans maintenant.

La conférence de presse s'est tenue hier matin à l'hôtel Bab Al Bahr à Tripoli, où il a été souligné que le Centre international du droit humanitaire sera responsable de la supervision locale de la mise en œuvre du projet tandis qu'Euro-Med fournira le support technique au niveau international.

"L'instabilité et l'insécurité dont a été témoin le territoire libyen ces dernières années ont entraîné de nombreux abus, y compris des tortures contre des membres de toutes les parties au conflit", a déclaré le porte-parole d'Euro-Med en Libye, Mousa Al Qnaidi, notant que la situation humanitaire catastrophique a suscité un engagement sérieux en faveur de la réadaptation de milliers de victimes afin qu'elles puissent surmonter leur détresse.

La première phase du projet vise à établir une base de données complète pour les victimes de la torture en Libye, explique Al Qnaidi. Une équipe de 60 chercheurs sera répartie dans différentes régions de la Libye dans le cadre du projet. La seconde phase consiste à soutenir les victimes de torture dont les cas ont été documentés, à les réhabiliter et à les réintégrer dans la société. Cela sera possible grâce à la coopération avec le Fonds de contributions volontaires des Nations Unies pour les victimes de la torture. Pour les aider à se remettre des traumatismes psychologiques et physiques résultant des violations qu'ils ont subies pendant leur détention ou leur disparition forcée, ils recevront le soutien matériel et moral nécessaire.

Le projet vise à contribuer à la création d'une société dépourvue de violence physique et psychologique, en faisant prendre conscience des dangers de la torture en tant que phénomène criminel, qui affecte non seulement les victimes, mais menace également l'ensemble du tissu social. Le projet vise également à faire pression sur les autorités libyennes pour qu'elles adhèrent au Protocole facultatif se rapportant à la Convention contre la torture.

L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme fait référence au lancement du site web du projet, afin de s'assurer que toutes les victimes peuvent vérifier leurs informations en accédant au site Web. Les conclusions de la documentation seront annoncées dans un rapport complet qui sera présenté lors d'un atelier spécialisé au Palais des Nations Unies à Genève en marge des sessions des États membres.