Genève - L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme  a condamné, lundi, l'attaque menée par la police somalienne contre Saeed Qarafan et Abdullah Daher - deux journalistes somaliens travaillant pour une radio locale, alors qui exerçaient leur travail journalistique dans la capitale Mogadiscio.
 

    La faible protection accordée aux journalistes à la suite du long conflit dans le pays ne peut justifier d'autres violations à leur encontre   

Sarah Pritchett, la porte-parole d'Euro-Med


Euro-Med a souligné que la police avait menotté les journalistes et les avait forcé de s'allonger par terre, et les a ensuite relâché quelques heures après leur détention sans aucune inculpation ni justification légale.

"Les pratiques des autorités somaliennes à l'encontre des journalistes violent les dispositions des conventions internationales, en particulier l'article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui prévoit le droit à la liberté d'expression, et la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières " a déclaré Sarah Pritchett, la porte-parole d'Euro-Med.

"Toute violation délibérée ou systématique du droit à la liberté d'expression soit par la torture, la maltraitance ou par la détention arbitraire, constitue une violation d'un droit fondamental, et les auteurs doivent être immédiatement jugés et ne doivent pas jouir de l'impunité."  a souligné Pritchett.

Elle a ajouté : « La faible protection accordée aux journalistes à la suite du long conflit dans le pays ne peut justifier d'autres violations  à leur encontre, notamment les arrestations arbitraires et la fermeture forcée des organes de presse, et parfois des poursuites pénales contre les journalistes somaliens, dont beaucoup ont fui l'exil ces dernières années par crainte de persécution ».

Pritchett a appelé le gouvernement somalien à respecter et à appliquer les normes relatives aux droits de l'Homme en ce qui concerne le traitement des journalistes, en particulier ceux qui travaillent dans un environnement dangereux et dans les zones de conflit.