Genève - L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l’Homme a condamné mardi l’obstruction du travail des organisations humanitaires internationales au Yémen, mettant en garde contre les conséquences sur les civils, victimes d'une situation humanitaire qui se détériore depuis le conflit armé qui sévit depuis six ans le pays.

   La communauté internationale a observé des milliers de cas d’enfants, de femmes et d’hommes vivant dans des situations humanitaires désastreuses, où la plupart souffrent d’extrême pauvreté et de faim dans les zones assiégées   

 

Euro-Med a déclaré que ces mesures menaçaient d’accroître la souffrance humaine au Yémen, avec environ 3,3 millions de personnes ayant encore des difficultés à trouver un lieu sûr, ainsi que près des deux tiers des 24,1 millions d'habitants du Yémen ayant besoin d'une aide humanitaire, selon les estimations de l’ONU. La crise au Yémen est décrite comme la pire du monde.

Euro-Med a souligné la déclaration du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies après avoir été empêchée de fournir de l’aide alimentaire aux personnes les plus affamées au Yémen et  d'avoir manipulé l’aide dans les zones sous le contrôle du groupe Houthi. Euro-Med a également signalé à David Beasley, directeur du PAM, devant le Conseil de sécurité de l’ONU lundi, que l’aide alimentaire au Yémen pourrait être progressivement suspendue cette semaine en raison de l'utilisation de l'aide à des fins non réservées, ainsi que du manque d'indépendance du travail dans les zones contrôlées par le groupe Houthi.

L’Observatoire Euro-Med a mis en garde contre l’aggravation de la crise humanitaire au Yémen suite aux mesures visant à prévenir l’aide, provoquant un désastre humanitaire pouvant survenir pour les civils, en violation de la quatrième convention de Genève sur la protection des civils.

Euro-Med a noté que la communauté internationale a observé  des milliers de cas d’enfants, de femmes et d’hommes vivant dans des situations humanitaires désastreuses, où la plupart souffrent d’extrême pauvreté et de faim dans les zones assiégées, soulignant que la crise humanitaire dans le pays ne devrait pas se détériorer. Ce qui nécessite une intervention internationale de toutes les parties au conflit, afin de s’assurer que les organisations de secours soient autorisées à fournir leur aide aux civils au Yémen sans restrictions.

Le Yémen est aux prises avec un conflit entre des rebelles du groupe Houthi et des forces loyales au gouvernement du Yémen reconnu internationalement. Le conflit s’est intensifié avec l’intervention d’une alliance militaire dirigée par l’Arabie saoudite en mars 2015 pour appuyer le gouvernement. Le conflit a tué des dizaines de milliers de personnes, y compris de nombreux civils.

Euro-Med a mis en garde contre les obstacles empêchant l'aide humanitaire aux civils, ajoutant que cela exacerbera  leurs souffrances et les privera de leurs besoins fondamentaux en plein conflit en cours dans le pays, qui exige des procédures pour assurer l’acheminement de l’aide aux groupes les plus démunis et non pour cibler ou harceler les équipes de secours dans le cadre de son travail.

L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l’Homme a exhorté les parties au conflit à se conformer au droit de la guerre pour faciliter l'acheminement de l'aide aux civils et éviter l'aggravation de la crise humanitaire en facilitant le passage rapide de l'aide et en évitant d'intervenir de manière arbitraire afin de garantir la libre circulation des travailleurs humanitaires.

L'Observatoire a appelé toutes les parties au conflit au Yémen à permettre aux organisations humanitaires de mener à bien leur travail, en tenant compte de la grave situation humanitaire des civils dans le pays et de leur besoin urgent d'assistance humanitaire, appelant à un engagement pour parvenir à une solution politique au conflit, afin d’éviter les risques humanitaires menaçant la population d'une famine totale au Yémen.