Genève - Les services de sécurité jordaniens empêchent les militants de parvenir à un sit-in contre l'accord de gaz avec Israël, ce qui constitue une violation de leur droit à la liberté d’expression garanti par l’article 15 de la Constitution jordanienne, a déclaré l'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l’Homme.

Les agents de sécurité jordaniens ont arrêté des manifestants se dirigeant d’Irbid vers le camp de réfugiés d’Al-Hosn, ainsi que des manifestants se dirigeant d’Amman vers le poste de contrôle de Sil Jarash.

Après que les services de sécurité eurent empêché les activistes d’atteindre le sit-in, un certain nombre de manifestants ont levé leurs banderoles au poste de contrôle de Silash Jerash. D’autres militants se sont opposés  à l'accord gazier devant le complexe des associations professionnelles à Irbid, près de l’Université jordanienne des sciences et de la technologie.

Les militants jordaniens et les syndicalistes ont lancé mercredi des appels à manifestation contre l’accord gazier avec Israël, estimant que l’accord n’est pas économiquement réalisable, en plus du financement des violations d’Israël contre les Palestiniens dans les territoires occupés.

Les services de sécurité jordaniens avaient auparavant enlevé la tente du sit-in devant la ligne de gaz "israélienne" à Irbid dans le nord de la Jordanie.

La restriction du droit à la liberté d'expression imposée par les autorités de sécurité et le fait d'empêcher les manifestants pacifiques d'assister au sit-in constituent une violation des règles du droit international garantissant le droit de réunion pacifique et la liberté d'opinion et d'expression, en particulier l'article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. En outre, ces pratiques ne tiennent pas compte des dispositions du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui affirmaient le droit d'organiser des manifestations pacifiques et des positions de solidarité.

Les mesures de sécurité de la Jordanie contreviennent à la Loi de 2011 sur les réunions publiques, qui stipule que l’approbation du gouverneur administratif n’est pas nécessaire pour toute réunion pacifique.

Nada Nabil, responsable des médias d’Euro-Med, a déclaré que les autorités jordaniennes devraient répondre au mécontentement général sur l’accord gazier avec Israël en écoutant les manifestants plutôt que d'empêcher leur sit-in par la force.

Nabil a ajouté que le comportement de la sécurité jordanienne pour dissoudre les sit-in pacifiques est devenu un phénomène récurrent basé sur l’hypothèse que les manifestants ont de mauvaises intentions, notamment en ces derniers temps.

L’accord gazier signé entre le gouvernement jordanien et Israël, qui devrait entrer en vigueur au début de 2020 et pour 15 ans, a été largement rejeté par divers segments de la société jordanienne.

L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l’Homme considère que les actions du gouverneur violent la Constitution jordanienne en plus de violer le droit international, appelant les autorités à respecter le droit local et les obligations internationales en matière de droit à la liberté d’opinion et d’expression.

Euro-Med a également appelé la Chambre des représentants à exercer son rôle dans le contrôle de la protection des droits de l'Homme et du non-abus des autorités responsables de l’utilisation par le pouvoir exécutif.