Genève - L'Observateur Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme a exprimé sa vive préoccupation face aux restrictions sévères imposées par les autorités mauritaniennes aux libertés publiques, et la détention arbitraire de ceux qui tentent de critiquer publiquement le rendement des fonctionnaires.

Les autorités mauritaniennes utilisent des méthodes répressives et le terrorisme intentionnel pour tenter de restreindre la liberté d’opinion et d’expression, ce qui mine les aspirations à améliorer la situation des droits de l’homme dans le pays.

 

   Les autorités mauritaniennes utilisent des méthodes répressives et le terrorisme intentionnel pour tenter de restreindre la liberté d’opinion et d’expression, ce qui mine les aspirations à améliorer la situation des droits de l’homme dans le pays.   

Un exemple de ceci est l’arrestation de la police mauritanienne dimanche du journaliste Sheikh Ould El Mami, de son domicile dans la capitale, Nouakchott, dans le contexte de la publication d’une vidéo sur les réseaux sociaux critiquant le président Mohamed Ould El-Ghazouani et parlant de la corruption des fonctionnaires de la Fondation de la présidence.

Deux jours auparavant, les autorités mauritaniennes ont arrêté le photographe Abdo Ould Taj Al-Din et le blogueur Mohamed Ali Ould Abdel Aziz, en raison de la publication de vidéos sur les réseaux sociaux, les accusant "d'utiliser un système d'information pour produire et publier des déclarations de calomnie, et incitent au racisme et à la haine. »

Ces arrestations manquaient de fondement juridique ou de justification, sauf qu’elles sont l’expression du refus des autorités d’accepter toute critique et la représentation de l’adoption d’une approche répressive contre toute voix qui s’y opposerait.

La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et l’Article 19 du Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques garantissent le droit à la liberté d’expression puisque nous ne faisons pas l’objet d’une détention arbitraire, y compris les articles 14 et 32 de la Charte arabe des droits de l’homme, qui garantissent la criminalisation de la détention arbitraire et la restriction de la liberté d’expression.

Les autorités mauritaniennes doivent mettre fin à leur pratique d’arrestations arbitraires au motif d'exprimer leur opinion ou leur détention sans fondement juridique et remplir leurs obligations envers les Principes fondamentaux des Nations Unies pour la protection des libertés publiques.

Il est nécessaire de libérer immédiatement et sans condition tous ceux qui ont été détenus. Ces arrestations, ciblant des journalistes et des blogueurs, constituent un recul majeur vers l’octroi de libertés et l’imposition de restrictions à la liberté de la presse dans le pays.

Euro-Med a conclu sa déclaration en renouvelant son appel aux autorités mauritaniennes à revoir leurs lois internes concernant l'espace accordé aux militants et aux journalistes pour mener à bien leur travail, soulignant que les lois internes devraient inclure la liberté d'expression, réserver le droit de réunion pacifique pour tous et garantir la liberté de travail des médias sans restrictions ni poursuites.