Genève - L'Observateur Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme a publié un bref rapport sur les défis auxquels sont confrontés les Nations Unies et les organisations internationales de secours en raison du manque de financement nécessaire pour ses programmes humanitaires et du non-respect des donateurs de leurs engagements.

Le rapport, intitulé « Sans protection: les secours internationaux risquent de s'effondrer», souligne qu’à la lumière du faible financement, les services fournis aux groupes les plus vulnérables par ces organisations seront considérablement réduits. Cela entraînera l’aggravation des crises humanitaires dans les catastrophes, les conflits et les zones de guerre partout dans le monde.

    206 millions de personnes dans 81 États ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence   

Le rapport souligne que plus de 206 millions de personnes dans 81 États ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence. Certains donateurs ont répondu en payant 29 milliards de dollars en 2018. Les estimations indiquent qu’il y a une augmentation du pourcentage de ceux qui ont besoin d’aide alors que les subventions financières des États aux organisations des Nations Unies et autres groupes de secours sont réduites.

En outre, le rapport met en garde contre la situation financière difficile des organisations humanitaires internationales qui souffrent de discrimination fondée sur des motifs politiques dans certaines régions. Plusieurs initiatives ont émergé en Europe de la part de partis de droite qui réclament la réduction des fonds utilisés pour le développement et leur transfert vers les fonds de pension.

Le rapport a examiné les risques d’un mauvais financement des organisations internationales de secours à la lumière de l’augmentation du nombre de migrants et de demandeurs d’asile et de l’aggravation de la crise humanitaire dans les zones sinistrées et déchirées par les conflits dans le monde entier.

Le rapport incluait plusieurs questions essentielles: le risque de sous-financement, l’augmentation sans précédent du nombre de réfugiés et de personnes déplacées, l’impact de la crise sur les enfants et la crise financière de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA).

Le rapport recommandait aux pays du monde entier, en particulier aux pays donateurs, d’assumer leurs responsabilités en respectant leurs engagements financiers envers les organisations internationales de secours, compte tenu du besoin croissant de leurs programmes humanitaires partout dans le monde.

Le rapport exhortait les organismes de secours à rationaliser et à contrôler les dépenses et à mettre en place des mécanismes de surveillance plus transparents pour décaisser leurs propres budgets.

Le rapport a aussi appelé aux Nations Unies de déployer des efforts sérieux pour augmenter les contributions volontaires nécessaires aux programmes humanitaires des États et de s’appuyer sur des mécanismes de contrôle des dépenses accrus et de se concentrer sur les priorités. En outre, l’ONU ne devrait pas risquer la vie de civils dans des zones de conflit pour une intervention humanitaire intensifiée en dépendant de contributions volontaires, ce qui est la responsabilité de l’ONU et de ses organisations concernées.

Le rapport d’Euro-Med souligne la nécessité de se mettre d’accord sur un mécanisme international plus efficace pour répondre aux besoins des organisations internationales de secours à l’aide  d’un calendrier précis et convenu et de ne pas attendre plus longtemps, ce qui pourrait aggraver la situation humanitaire.