Genève - Un journal local syrien a publié aujourd'hui des images choquantes de soldats du gouvernement syrien mettant le feu à des dizaines de cadavres appartenant à des citoyens qui avaient été détenus dans le gouvernorat de Daraa, a déclaré aujourd'hui l'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme dans un communiqué. Ces atrocités n'auraient pas eu lieu si le régime syrien ne jouissait pas d'un tel record d'impunité.

 

Hier, le journal syrien Zaman Al-Wasl a publié une vidéo qui, selon le journal, a été prise dans une zone semi-désertique de la campagne nord de Daraa entre 2011 et 2013.

 

La vidéo montre des dizaines de cadavres de détenus empilés dans un camion à toit ouvrant, entourés d'un groupe important de soldats. Les cadavres sont vidés dans une petite fosse, de l'essence est versée dessus, et ils sont incendiés dans une ambiance festive.

 

Ce crime brutal n'apparaît pas, d'après la vidéo, comme un incident improvisé, mais plutôt comme une représentation réelle de la politique d'extermination et d'abus du régime à l'encontre des détenus depuis le déclenchement des protestations populaires en mars 2011.

 

En juin, 14 338 Syriens ont été tués sous la torture dans les prisons du régime, selon les données du Réseau syrien pour les droits de l'homme.

 

En février 2015, Euro-Med Monitor, en coopération avec le Réseau syrien, a publié un rapport indiquant que le régime syrien avait brûlé 82 personnes, dont des femmes et des enfants. Le rapport disait également que 773 autres corps avaient été brûlés entre 2011 et 2015.

 

Ces violations devraient clairement indiquer à la Communauté internationale qu'il existe des personnes qui brûlent des Syriens, morts ou vivants, sans que personne ne condamne leurs actes barbares, et sans que personne n'y mette fin.

 

Le directeur des opérations d'Euro-Med Monitor, Anas Aljerjawi, a déclaré: "La brutalité du régime syrien a atteint des niveaux sans précédent en raison de la négligence de la communauté internationale d'activer les mécanismes de responsabilité, et de son insistance à reconnaître le régime et sa légitimité malgré toutes ses atrocités."

 

Euro-Med Monitor réitère que les pratiques du régime syrien à l'encontre des détenus et des civils sont des "crimes contre l'humanité" en vertu de la Charte de Rome, puisqu'il s'agit d'actes inhumains qui "causent intentionnellement de grandes souffrances ou des atteintes graves à l'intégrité physique", et des "crimes de guerre" en vertu des dispositions de l'article 8 (2) (c) de la Charte.

 

Cette situation devrait inciter le système international et le Conseil de sécurité à remplir leur rôle de protection des civils en Syrie et à mettre fin à l'impunité dont jouit le régime syrien.