Depuis le début de la dernière décennie, les violations des droits de l'homme se sont multipliées au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Les populations sont descendues dans la rue pour protester contre les conditions politiques et économiques désastreuses, et des conflits armés ont ravagé certains pays. Les gouvernements de la région ont utilisé des tactiques violentes pour soumettre et faire taire les voix dissidentes et ont systématiquement pris pour cible les militants politiques et les journalistes.

En mars 2022, les régimes répressifs ont continué à prendre pour cible des militants et des journalistes pacifiques, à réprimer les manifestations populaires et à restreindre les libertés publiques. En Europe de l'Est, le conflit militaire russo-ukrainien a coûté la vie à des centaines de civils et provoqué le déplacement de millions d'Ukrainiens vers les pays voisins.

La crise a mis en évidence la discrimination et les doubles standards des politiciens, fonctionnaires, journalistes et célébrités européens, qui ont appelé à accueillir les réfugiés ukrainiens parce qu'ils partagent leur ethnie, leur couleur et leur religion, contrairement aux demandeurs d'asile et aux migrants des régions hors d'Europe.

Au cours du mois de mars 2022, notre équipe a travaillé aux côtés d'organisations partenaires et de dizaines d'organisations régionales et internationales pour générer un réel changement en parlant aux décideurs des pratiques et des méthodologies qui devraient être abordées, réformées ou abolies. Nous avons également exploité le pouvoir des médias sociaux pour engager virtuellement le public sur des questions qui affectent leurs droits individuels et la dignité humaine dans son ensemble.

Les résultats les plus significatifs de ces efforts sont les suivants :

  • Le Royaume-Uni

Le 2 mars, la Chambre des Lords britannique a voté en faveur de l'amendement de Lord Dubs au projet de loi sur la nationalité et les frontières, qui ouvrirait une nouvelle voie sûre permettant aux enfants non accompagnés en Europe de retrouver leur famille en Grande-Bretagne.

Depuis l'escalade de la crise migratoire en 2015, Euro-Med Monitor a lancé plusieurs campagnes pour s'adresser aux pays de destination des migrants et des demandeurs d'asile afin de leur apporter protection et soutien, notamment aux groupes les plus vulnérables comme les enfants non accompagnés.

[Royaume-Uni : La lutte contre la traite des êtres humains nécessite plus et non moins de protection des réfugiés].

  • Italie

Le 14 mars, la Cour constitutionnelle italienne a décidé d'accorder aux migrants non européens, qui ont un permis de travail et qui séjournent depuis longtemps dans le pays, les mêmes allocations familiales que les citoyens italiens.

Au fil des ans, Euro-Med Monitor a travaillé avec des organisations partenaires pour faire la lumière sur la souffrance des migrants et des demandeurs d'asile en Italie et en Europe. Nous nous sommes adressés aux autorités italiennes à plus d'une occasion pour qu'elles développent des lois pour l'accueil des migrants et des demandeurs d'asile, et leur accordent leurs droits garantis par les lois européennes et internationales pertinentes.

[L'Italie... Les nouvelles dispositions en matière de migration représentent un signe modeste mais positif de la réforme].

  • Tunisie

Le 7 mars, les forces de sécurité tunisiennes ont levé l'assignation à résidence du membre du Parlement, Noureddine El Beheiry.

Suite à son arrestation, Euro-Med Monitor a appelé les autorités tunisiennes à le libérer immédiatement et sans condition, à respecter son immunité parlementaire, et à s'abstenir d'utiliser la force pour écarter les adversaires et les opposants politiques.

Le 21 mars, un juge militaire tunisien a ordonné la libération de l'avocat Abdel Razzaq Al Kilani, après qu'il ait été arrêté sur la base de vagues accusations.

Euro-Med Monitor avait appelé les autorités tunisiennes à le libérer immédiatement et sans condition et à respecter la liberté d'opinion et d'expression.

[Tunisie : L'autocratie, un recul pour les droits de l'homme et l'Etat de droit].

  • Algérie

Le 30 mars, les autorités algériennes ont libéré une dizaine de prisonniers d'opinion qui avaient été détenus pour avoir exercé leurs droits légitimes d'expression et de réunion pacifique.

Depuis le début du mouvement populaire en Algérie en 2019, Euro-Med Monitor a suivi les violations des forces de sécurité contre les manifestants et les militants de l'opposition, en particulier le harcèlement et la détention arbitraire. Nous nous sommes continuellement adressés aux autorités algériennes pour qu'elles libèrent les prisonniers d'opinion, et qu'elles respectent le droit des individus à exprimer librement leurs opinions.

[Algérie : Les mesures punitives contre les prisonniers d'opinion en grève sont arbitraires et illégales].

  • Arabie Saoudite

Le 11 mars, les autorités saoudiennes ont libéré le blogueur Raif Badawi après qu'il ait été détenu pendant dix ans sur des accusations liées à la liberté d'opinion, d'expression et de croyance.

Au fil des ans, Euro-Med Monitor s'est adressé aux autorités saoudiennes pour qu'elles libèrent les prisonniers de conscience, et a travaillé à lancer des campagnes de pression continues avec diverses parties pour faire pression sur les autorités saoudiennes afin qu'elles libèrent les prisonniers de conscience dans leurs prisons, et qu'elles respectent le droit de ses citoyens à exprimer librement leurs opinions.

[Lettre de 23 académiciens éminents au roi et au prince héritier saoudiens : Libérer Al-Dakhil]

  • Yémen

Fin mars, les parties au conflit ont annoncé une trêve temporaire pour faire place aux efforts politiques.

Au cours des années du conflit au Yémen, Euro-Med Monitor s'est adressé aux parties au conflit, et aux agences des Nations Unies concernées, pour une cessation inconditionnelle des opérations militaires. Nous avons également appelé à l'intensification des efforts de réponse humanitaire afin d'améliorer la situation humanitaire de millions de Yéménites qui sont à un pas de la famine.

[Yémen : Sept ans de conflit plongent des millions de personnes au bord de la famine].