Genève - Les organes compétents des Nations Unies et la communauté internationale partagent une grande part de responsabilité dans les violations continues des droits de l'homme commises par le régime syrien, notamment le meurtre récent de quatre enfants dans la campagne d'Idlib, a déclaré l'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme dans un communiqué.

Les forces du régime syrien ont visé la ville de Maarat al-Na'san dans la campagne d'Idlib, dans le nord de la Syrie, avec un certain nombre d'obus d'artillerie lourde, tuant quatre enfants et en blessant d'autres, alors qu'ils revenaient de l'école.

Euro-Med Monitor a examiné des photos publiées par des militants locaux montrant que les éclats d'obus ont touché les sacs et les livres des écoliers, ce qui indique que les obus sont tombés directement ou très près de l'endroit où se trouvaient les enfants. Le fait de cibler sans discrimination et sans aucune justification peut constituer un crime de guerre.

Cet incident est une nouvelle preuve des graves conséquences de la négligence persistante à tenir le régime syrien pour responsable au niveau international. Il aurait été possible de sauver de nombreuses vies si les Nations unies et les forces actives internationales avaient décidé de demander des comptes au régime syrien et de réprimer son audace à commettre des crimes plus brutaux.

Selon les Casques blancs (défense civile syrienne), les forces russes et syriennes et les milices alliées ont lancé 130 attaques aériennes et d'artillerie au cours du premier trimestre de cette année sur le nord-ouest de la Syrie. Ces attaques ont visé des maisons civiles, des bâtiments publics et des installations de service, tuant 47 personnes et en blessant plus de 100 autres.

L'obtention de la justice pour les victimes en Syrie est encore largement possible, mais cela nécessite une volonté internationale ainsi que la mise de côté de tout ce qui s'oppose à ces parties et aux valeurs humaines, et la tenue pour responsable des auteurs de violations.

   Pendant les années du conflit, le régime syrien ne s'est pas contenté d'ignorer les mesures nécessaires pour protéger les enfants, mais a également pratiqué à leur encontre des violations graves pouvant s'apparenter à des crimes de guerre et à des crimes contre l'humanité   

Youssef Salem, chercheur juridique à Euro-Med Monitor

Les parties internationales influentes utilisent deux poids deux mesures lorsqu'elles ont condamné les opérations russes en Ukraine et imposé des sanctions sévères à la Russie, mais ont ignoré de prendre des positions décisives à l'égard des opérations militaires russes en Syrie, qui ont tué et blessé plus de 12 000 Syriens depuis 2015.

Le chercheur juridique d'Euro-Med Monitor, Youssef Salem, a déclaré : "Bombarder des zones civiles est une violation manifeste des droits des groupes protégés dans les conflits armés, car le droit international humanitaire interdit absolument de cibler des civils, et l'article 38 de la Convention internationale des droits de l'enfant stipule que "les États parties prennent toutes les mesures possibles pour assurer la protection et la prise en charge des enfants qui sont touchés par un conflit armé"."

"Pendant les années du conflit, le régime syrien ne s'est pas contenté d'ignorer les mesures nécessaires pour protéger les enfants, mais a également pratiqué à leur encontre des violations graves pouvant s'apparenter à des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité, notamment le meurtre, la mutilation, la torture, la disparition forcée et la conscription forcée."

Les institutions compétentes des Nations Unies et la communauté internationale devraient opérer un véritable changement dans leur traitement des violations des droits de l'homme en Syrie, lancer des efforts sérieux et organisés pour tenir les responsables syriens responsables d'éventuels crimes de guerre, et imposer de véritables sanctions qui sapent la capacité du régime syrien à poursuivre ses pratiques illégales contre l'humanité.

Les efforts visant à demander des comptes aux auteurs de crimes en Syrie par le biais du principe de compétence universelle adopté par les tribunaux nationaux en Europe doivent être soutenus, et des poursuites doivent être engagées devant ces tribunaux contre les personnes soupçonnées d'avoir participé à l'atteinte à la vie des civils syriens ou de leur avoir causé des souffrances de quelque manière que ce soit.