5 cyber-activistes ont été arrêtés et placés en détention au Koweit, pour la publication de commentaires jugés offensants pour le défunt roi saoudien, Adballah Bin Abdalaziz, rapporte l’Observatoire Euro-Mid pour les Droits de l’Homme.

Les autorités koweïtiennes détiennent de nombreux activistes et ont condamné d’autres à de lourdes peines pour avoir exercé leur liberté d’expression, les accusant de « critiquer » et d ’ « insulter » l’émir du Koweït, Sabah Al Ahmed Al Sabah.

Le 28 janvier, les services de sécurité ont arrêtés Muhammed Khaled Al Ajami, un défenseur des droits de l’Homme. Al AJami a été interrogé au sujet de tweets critiquant l’Arabie Saoudite puis détenu pendant quatre jours, avant de faire l’objet d’une audience publique le 2 février.

Deux autres activistes, Adbulaziz Awwar Al Mutairi et Mussaid Al Musseilim, sont détenus depuis 10 jours, en attendant l’ouverture de leur procès pour « menaces » sur les relations entre les deux pays.

Les forces de sécurité koweïtiennes ont arrêté Saleh Al Mulla, également activiste, plus tôt en janvier, pour des tweets critiquant la décision koweïtienne d’accorder à l’Egypte une aide de 4 milliards de dollars, en dépit de la baisse du cours du pétrole. Al Mulla a été libéré sous caution six jours après son arrestation, en attendant l’ouverture de son procès prévue pour le 15 février.

La Cour de Cassation koweïtienne a également condamné Saqr Al Hashash à une peine d’emprisonnement de 20 mois pour des tweets qui soi-disant « portaient atteinte au statut de l’émir ». 55 personnes ont été arrêtées sur la base de cette accusation au cours des trois dernières années. Par ailleurs, le président du Parlement koweïtien, Marsouq Al Ghanim, avait déclaré que le Parlement prendrait des mesures pour punir « ceux qui ont insulté les dirigeants des EAU lors d’un show télévisé ». Cette menace a été rapidement mise à exécution après qu’un ancien député koweïtien, Moubarek Al Dweila, ait critiqué la décision émirati d’inscrire les Frères Musulmans et d’autres sur la liste des organisations terroristes.

Euro-Mid considère que de tells actes contribuent à l’aggravation de la répression exercée par les autorités koweïtiennes. Rien qu’en 2014, 15 activistes ont été détenus pour avoir critiqué le gouvernement et appelé à des manifestations pacifiques. Parmi eux, 5 ont été condamnés à de lourdes peines d’emprisonnement, allant de 1 à 5 ans.

Euro-Mid appelle les autorités koweïtiennes à respecter ses engagements internationaux, notamment le Pacte international sur les droits civils et politiques, en mettant fin aux arrestations d’opposants et de défenseurs des droits de l’Homme, et en modifiant le code pénal, particulièrement les dispositions prévoyant une peine d’emprisonnement en cas d’« atteinte au statut de l’émir ».