Les membres de l'Union européenne, qui se réuniront à la mi-octobre pour discuter de l'afflux massif de réfugiés, doivent mettre en œuvre un système d’accueil humain fondé sur des quotas équitables, dit l’Observatoire Euro-Méditerranéen pour les Droits de l’Homme.

Depuis vendredi, environ 10.000 réfugiés ont traversé la frontière entre la Grèce et l’ex-République yougoslave de Macédoine. On estime que 1 200 d’entre eux sont arrivés en Hongrie, tandis que des centaines d'autres tentent d'atteindre les pays d'Europe septentrionale et occidentale chaque jour.

Une équipe d’Euro-Med a constaté sur place que près de 400 réfugiés, comprenant des Syriens, des Palestiniens, des Irakiens et des Afghans, ont été retenus à la frontière entre la Macédoine et la Grèce, attendant d'obtenir une autorisation de la police pour entrer en Macédoine.

"Les autorités macédoniennes ont fermé la frontière pendant des jours alors que des milliers de réfugiés fuyant les guerres essaient simplement de se mettre en sécurité», dit Sandra Owen, consultante d’Euro-Med. «Au lieu de les frapper et de les attaquer avec des bombes sonores et des bombes lacrymogènes, les autorités macédoniennes devraient leur apporter une assistance."

Des centaines de réfugiés, y compris des enfants et des femmes, dorment dehors, le long de la frontière macédonienne, alors que les températures atteignent les 40 degrés.

Euro-Med condamne également la décision de la Hongrie de construire une clôture de 175 km le long de la frontière serbo-hongroise pour se protéger du nombre croissant de réfugiés.

"Le nombre de réfugiés fuyant le Moyen Orient et l’Afrique du Nord a atteint les 240 000 ; 2300 d'entre eux se sont noyés dans la Méditerranée depuis janvier 2015", rapporte Ihsan Adel, le conseiller juridique d’Euro-Med. "L'Union européenne doit agir pour fournir une solution juste pour les personnes fuyant les situations humanitaires cruelles."

L’équipe d’Euro-Med s’est entretenue avec un certain nombre de réfugiés ayant récemment atteint la Grèce. Ibrahim Al-Masri, un réfugié syrien dit : "ma fille avait une meilleure vie en Syrie. Regardez-la maintenant! Elle est sans-abri. Ils ne nous traitent pas comme des humains, même les animaux ils les traitent mieux que ça. "

Muhammed Satouf, un autre réfugié syrien, dit : "je ne suis pas un terroriste, et ni ces enfants ni ces femmes ne le sont. Nous sommes des êtres humains. Le monde doit enfin réagir. "