Malmö - Les autorités suédoises ont rejeté des demandes d’asile de Palestiniens fuyant l’Irak et Gaza, en leur ordonnant de « retourner d’où ils venaient ». Ceci est une violation de leurs droits en tant que réfugiés, prévient l’Observatoire Euro-Med pour les Droits de l’Homme.

Depuis le 11 août, environ 320 Palestiniens apatrides d’Irak et 100 autres venant de Gaza, comprenant des familles, protestent en face de l’Office national suédois des Migrations dans la ville de Malmö.

“Ces demandeurs d’asile ont été confrontés à des situations extrêmes », a déclaré Ihsan Adel, conseiller juridique d’Euro-Med. « Et maintenant, la Suède leur refuse même le séjour temporaire, leur disant de retourner dans des zones qui sont clairement instables et risquées. »

Selon l’article 33 de la Convention relative au statut des réfugiés de 1951, « aucun des Etats contractants n'expulsera ou ne refoulera, de quelque manière que ce soit, un réfugié sur les frontières des territoires où sa vie ou sa liberté serait menacée. »

Sans autorisation de séjour, ces demandeurs d’asile palestiniens ne peuvent accéder au marché du travail, à l’éducation, aux cours de langues, au logement ni bénéficier des autres droits afférents au statut de réfugié.

La plupart des Palestiniens d’Irak ont fuit entre 2003 et 2006, alors qu’ils étaient exposés à de graves violations de leurs droits fondamentaux, telles que l’emprisonnement et la torture. Les Etats voisins de l’Irak avaient refusé d’accorder le statut de réfugié à la majorité des Palestiniens, les poussant à s’agglutiner dans des camps de fortune dans le désert irakien, le long des frontières avec la Jordanie et la Syrie. D’autres Palestiniens ont réussi à aller au Brésil ou en Europe.

Les Palestiniens venant de Gaza se battent depuis huit ans pour survivre sous l’accablant blocus israélien. Dans un rapport publié le 10 septembre, l’ONU a déclaré que Gaza sera « inhabitable » dans cinq ans si le blocus n’est pas levé.

“Le gouvernement suédois, à l’instar de tous les autres gouvernements, concentre son attention sur les réfugiés fuyant la Syrie, » note Eman Zeiter, consultante à Euro-Med. « Toutefois, il y a d’autres réfugiés qui ont des besoins identiques et qui sont privés de protection. »

Malgré qu’ils campent dans de minuscules tentes en face de l’Office national suédois des Migrations, souvent dans le froid et durant de longues nuits pluvieuses, les protestataires ont reçu peu d’attention de la part des autorités, ce qui les a poussés à entamer une grève de la faim. La santé de nombreuses personnes parmi eux s’est beaucoup affaiblie et nécessite une prise en charge médicale.

“Ils vont continuer leur grève, jusqu’à ce que l’Office national suédois des Migrations mette fin à leur souffrance en les acceptant comme des réfugiés qui ont besoin de vivre de manière stable, digne et dans la paix » a affirmé Eman Zeiter.

Euro-Med appelle le gouvernement suédois à accorder la protection nécessaire à ces réfugiés, et à examiner leur cas à la lumière des risques qu’ils encourent en cas de retour.