Genève – L’usage excessif de la force par les autorités libanaises contre les manifestants pacifiques sont inacceptables et doivent cesser, affirme l’Observatoire Euro-Med pour les Droits de l’Homme.

Les agents de sécurité ont utilisé la force de manière excessive le 16 septembre, au matin, pour disperser les manifestants qui protestaient contre la corruption rampante et les insuffisances des services publics. Les protestations se sont déroulées à Beyrouth, près du siège du Parlement libanais qui tenait la seconde session du « dialogue national » pour discuter de la crise à la suite de l’échec de la précédente réunion de la semaine dernière.

Depuis juillet, le Liban est secoué par des manifestations pacifiques contre l’incapacité du gouvernement à fournir un service de santé publique suffisant, notamment en assurant un service de ramassage des ordures dans les rues de la ville.

« Comme les protestations s’amplifiaient face à l’insuffisance de la réponse du gouvernement, les forces de sécurité libanaises ont fait un usage disproportionné de la force et ont arrêté plus de 30 manifestants », a expliqué Ihsan Adel, conseiller juridique d’Euro-Med. « Nos collaborateurs sur place nous ont rapporté que les manifestants ont été sévèrement battus pendant les rassemblements, et que des barrages ont été mis en place. »

Les forces de sécurité libanaises ont lancé du gaz lacrymogène et tiré des balles en acier recouvert de caoutchouc contre les manifestants, tout en tirant à balles réelles en l’air : toutes ces actions sont incompatibles avec les principes de base des Nations Unies sur le recours à la force et l'utilisation des armes à feu. Ces principes appellent les parties contractantes à faire preuve de retenue, à agir de manière proportionnelle et à ne pas utiliser la force lorsqu’il existe d’autres moyens non-violents. Plus de 175 manifestants ont été blessés en deux jours et plusieurs journalistes et photographes ont été agressés.

 « Il semble que les autorités libanaises et les forces de sécurité ont fait largement usage de la violence pour terroriser les manifestants et décourager des rassemblements futurs », a expliqué Ihsan Adel. « Nous appelons les forces de sécurité libanaises à respecter le droit des manifestants à se rassembler pacifiquement et à exprimer librement leurs opinions et nous demandons qu’une enquête indépendante et transparente soit menée pour faire la lumière sur les incidents et les allégations d’abus. »

Euro-Med appelle également les autorités libanaises à trouver rapidement une solution pour fournir un service de santé publique répondant aux doléances des citoyens.